Dimanche 22 juillet 2007

Il a plu presque toute la nuit et c’est tant mieux, comme çà il n’y a plus une goutte dans la ciel. Départ avec le soleil, il fait toujours frisquet. Petit Derny sent l’écurie approcher, car il va bon train. Du coup juste un réglage des vis au départ et plus rien jusqu’à la maison.

La dernière étape, on l’a faite entièrement sur la position vélo. Holà, il y en a qui vont croire qu’on n’a pas mis le moteur. Mais si, mais si. C’est le GPS que j’ai laissé sur la position vélo !!

Avant aussi, mais dans cette position il va au plus court. Au plus court, s’il y a des collines, ce n’est pas forcément le plus facile et le plus rapide. Donc avant j’interprétais.

Là, nous sommes revenus en pays de connaissance, donc position vélo intégral. Ce qui nous a permis de passer par des chemins vicinaux que nous n’avions encore jamais empruntés.

Pas d’anicroche, juste un chien optimiste qui a la vue de nos mollets a voulu faire la course. Jeune fou, vouloir rivaliser avec un Derny !!

Le temps se couvre. Pour une fois on a le vent dans le dos, mais il amène de gros nuages.

De peur d’avoir de la pluie, on accélère la cadence, et on arrive à la maison à 13h.

Petit Derny a été quasi parfait, du coup j’ai envie de le rebaptiser « Le Vaillant Petit Derny ».

Il a maintenant 3552 kms au compteur, et attendra sagement pour savoir quelle sera sa prochaine aventure.

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Samedi 21 juillet 2007

Le 9ème coup de 9h n'a pas fini de sonner à l'église du village, que nous sortons Petit Derny du camping, pour le démarrer. Comme je ne suis pas sur qu'il démarre après le traitement d'hier, je ne veux pas alerter tout le monde avec nos pétarades matinales. ICARE avant de partir avec le touriste hollandais, qui qualifie notre monture de camion avant de corriger sa traduction en vélo.

J'ai eu tort de douter, le démarrage est parfait. On commence la journée doucement, 40km/h, et on augmente graduellement. Je suis agréablement surpris par le relief. Hier, pour apaiser Danièle, je lui avait dit qu'après La Chatre, c'était plat. Coup de bol, c'est vrai. On avale sans (trop) forcer les pentes et Petit Derny ne peine plus. J'ai 2 hypothèses : soit le lavement lui a bien plu, et il espère en avoir d'autres, soit il n'a pas aimé et montre qu'il a compris et ne recommencera plus.

Ce a quoi, Danièle me dit, qu'il n'aime pas les cotes, tout bêtement, et qu'au lieu de changer la magnéto, il suffisait de changer de région! Elle n'a peut être pas tort.

Nous sommes samedi, il faut faire attention dans les villages, où c'est jour de marché, car les autochtones ne sont pas habitués et parfois stoppent leur véhicules au beau milieu de la rue. Par 2 fois, la remorque est passée de justesse.

Je m'arrête pour resserrer le rétro, je ne sais pas ce qu'on boutique, mais quand on repart, au bout de 100m, je m'aperçois que j'ai......oublié de serrer le rétro. Nouvel arrêt.

Nous longeons le Cher un bon moment et arrivons aux portes de la Sologne pour déjeuner. Arrêt essence, ravitaillement, ICARE.

Je profite de l'arrêt pour fixer l'embout de mon oreillette avec de la pâte à joint (j'ai oublié la colle), ne pas en mettre de trop sinon on va me trouver original avec de la pâte à joint dans l'oreille. Je ne vous ai pas encore dit le pourquoi de l'oreillette.

Et bien, devant les piètres prestations passées de Danièle en matière de lecture de cartes, (vous avez pu juger de ses performances visuelles), la tache d'orientation sur les petites routes, qui lui était, jusqu'alors dévolue, lui a été supprimée, au profit d'un GPS. Plus d'erreur, guidage à l'oreillette au bon moment, (pas 1km après l'embranchement), et plus d'arrêt "sortie-dépliage-consultation-repliage-rangement de la carte", quand c'était la bonne carte!

Et puis comme çà, elle peut se consacrer à la surveillance de la remorque.....mission peut être pas reconduite non plus l'an prochain.

Je ne vous ai pas reparler du réglage des vis platinées. Comme çà m'embête quand même de m'arrêter si souvent, je triche sur les réglages. Le jeu préconisé étant de 30/100, je règle à 40/100 gras,( pour ne pas dire 50/100), et l'usure fait, qu'on tombe à 20/100 au bout d'environ 80 kms. Grâce à ce stratagème, je n'ai réglé les vis que 2 fois aujourd'hui.

Avouez qu'il n'est pas difficile, le Derny!

Mais cette méthode n'est pas trop appréciée par ma co-pédaleuse, qui aime bien les pauses-pipi (quand ce ne sont pas les pauses miam-miam) fréquentes . Donc on continue les arrêts réguliers même sans intervention technique.

Après le repas, l'après-midi a été de rêve. La traversée de la forêt solognote, tout simplement magnifique, Petit Derny enroulant en souplesse sur un filet de gaz (on est à 45), sans forcer, le goudron lisse comme un billard.  Parfait. Même dans les Landes, il ne roulait si bien, mais on roulait un peu plus vite. La forêt s'arrête bientôt, laissant la place aux champs de maïs, dommage. L'allure est conservée, on croise un petit groupe d'anciennes en balade, grands saluts. C'est toujours plaisant de voir des machines qui roulent malgré leur âge au lieu de dormir sous une bâche.

Paradoxalement, en roulant moins vite, bien que les vibrations soient moins fortes, il y a plus de pièces qui se dévissent. Le rétro, une nouvelle fois, suivi part la vis de la manette du dérailleur. Manette que je qualifie d'indexée, non pas parce que c'est du Shimano dernier cri, mais parce que je l'actionne avec l'index!

Donc la manette ne tient plus en place, c'est dire qu'elle revient automatiquement sur le grand pignon, et aujourd'hui, ce n'est pas lui qu'on utilise. Donc, je roule en tenant la manette poussée sur "petit pignon". Cà va un moment, mais je me dit ( à tort), qu'en la poussant à fond, j'arriverai peut être à la bloquer. Devinant ma pensée, la chaine, dans un excès de zèle, saute par dessus le pignon et va se coincer entre le pignon et le cadre. Arrêt dans l'herbe sur le bas côté. Elle était coincée et bien coincée. Il a fallu dévisser la roue et toute la persuasion du gros tournevis pour la remettre dans le droit chemin. Du coup, je bloque la manette du dérailleur sur petit pignon et hardis les mollets au démarrage.

Nous arrivons à Sully sur Loire, notre étape, à 16h, Petit Derny affiche 3436 km au compteur.

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Vendredi 20 juillet 2007

Cette nuit bon orage, coup de bol nous dormions chez mes parents. Réveil pluvieux, on traine un peu. Le ciel est bas mais on y va quand même. Comme nous sommes dans le Limousin, nos ambitions vont être modestes. Nous visons La Chatre. Par endroits, on se croirait en automne. La température d'abord, puis les feuilles qui volent sur la route, au détour des virages, des étangs brumeux. Petites cotes suivies de grandes cotes, les descentes sont trop brèves pour se reposer. Petit Derny n'y arrive plus. Même sur le plat on n'arrive pas à accrocher la 2ème. Il faut trouver l'origine de cette perte de puissance. L'an passé, nous avions eu le même problème, à un kilométrage similaire. Je vais changer la magnéto. On s'arrête sous les arbres, je monte la nouvelle. Tiens le moteur est bloqué. Démontage, ah le pignon d'entrainement n'est pas le même. Permutation et remontage. On repart, on n'a perdu qu'une heure. Le petit poney qui est dans le moteur, n'est pas gueri, mais il y a un petit mieux. On n'a pas fait 3kms que s'annoncent quelques ratés. Je passe la réserve, (parce que cette année j'ai un robinet avec réserve), ce n'est pas çà et on se prend quelques retours au carbu avec pétarade!! Je coupe tout, (nous sommes en bas d'une bonne cote), Danièle n'est pas rassurée. Un coup d'oeil sur les vis platinées, complètement fermées. Le toucheau s'est usé en 3kms. Bon admettons que ce soit le rodage. Nous repartons et 5kms plus loin, devinez quoi, la même chose. Petit calcul, il nous reste 320kms pour rentrer à la maison, si on s'arrête tous les 10kms, çà ne fait que 32 arrêts. C'est jouable donc on repart, mais les clés magnéto et les cales d'épaisseur restent dans la poche pour intervention rapide.

On repart à la cadence pré-citée. Les cotes sont là aussi en cadence, et j'entends que derrière, çà rouspète et çà râle fort. Et je sais que, quand çà râle comme çà, c'est que çà a faim. Arrêt d'urgence, Danièle sort la trousse de premiers secours (j'ai nommé les tablettes de chocolat), en engloutit quelques morceaux et me signale qu'elle était près de l'évanouissement. Je ne sais pas si je m'en serai aperçu! C'est quand même fort, il est 11h30, on a fait 40kms et elle a déjà la fringale!!

On repart, tant que l'effet chocolat est actif. Midi, pas d'épicerie en vue avant longtemps, je vois un restau, et je demande à Danièle si elle veut y aller. Cri du cœur, "oh OUI OUI". Autant demandé à un aveugle s'il veut voir. J'en suis même à me demander, si la remorque qui nous sert à transporter la tente et les vêtements ne devrait pas être transformée en carriole à victuailles. Comme çà, dès que la fringale s'annonce (tous les 40kms), elle peut se réapprovisionner.

Donc pause restau, ah elle ne fait pas semblant! Je ne peux pas finir mon dessert trop copieux, elle en profite. Avec tout çà, j'espère que la moyenne va être boostée. Dans les faits, elle le sera, à part les pauses vis platinées.

Le paysage change, les séries de virages en cote qui cassent le moral parce qu'on croit en avoir fini et que çà continue, ont laissé la place aux lignes droites, en cotes toujours, mais qu'on peut avaler à bon train. Dans les descentes, je mets au point mort, position recherche de vitesse, c'est à dire le cul plus haut que la tête, résultat 65km/h, Danièle n'est pas rassurée. La cote suivante arrive, vers 50, je remets le moteur en route et banzaï, on pédale à fond, on arrive parfois à conserver le grand développement. Mais il ne faut jamais laissé tomber le régime, sinon c'est foutu. Finalement, nous arrivons à La Chatre d'assez bonne heure, je vais pouvoir faire un peu de mécanique.

Au menu, ce soir, tension de la chaine et réalignement des roues (on a roulé si fort que la roue frotte sur le garde boue), nettoyage bougie et carbu, entretien périodique des 30kms (oui je reconnais c'est un peu moins que pour une voiture récente) et lavement. Lavement et pas lavage. Après notre sortie de l'an passé, j'avais trouvé beaucoup d'huile dans le bas moteur, car je graissais trop. J'ai réduit l'huile, mais par acquis de conscience, je vais administrer un lavement à Petit Derny. Piston au point mort haut, carbu enlevé, j'enfile une durit sous le piston et ouvre l'essence qui va dans le bas moteur. Quelques tours sans la bougie, pour bien mélanger, puis ouverture de la vis de purge du bas moteur. Si çà ne fait pas de bien, çà ne fait pas de mal! On verra le résultat demain.

Dans la soirée, un cycliste passe. Il a un Derny solo, on discute un moment. A peine est-il parti, qu'un touriste hollandais du camping vient pour ICARE. En fait, pour l'an prochain, il faudra une tablette descriptive du Petit Derny, en 3 ou 4 langues, (que pour l'europe du nord, les espagnols et italiens ne se risquant pas si loin).
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Jeudi 19 juillet 2007

On se réveille, je demande à Danièle si elle pense que la réparation a tenu. Réponse de l'intéressée : "la valve est bien sortie, bien droite, c'est bon signe".

Nous voilà partis, mais Petit Derny n'est pas au top, et on peut même dire qu'il rame un maximum. Les cotes sont dures, çà c'est pas nouveau, mais sur le plat impossible de prendre des tours. Donc puissance mollets. Une biche, puis son faon traversent sans risque. Je ralentis pour tenter de les voir tapis dans les hautes herbes. Erreur fatale pour nos jambes. Les cotes se succèdent et nous avons besoin de souffler. Je cherche une station pour vérifier la pression du pneu arrière. La place du village est décorée de plein de fleurs en papier. Je demande à Danièle son avis, mais elle ne les a pas vues. Je lui parle de la biche :"ah les 2 lapins, oui je les ai vus", gros fou-rire de ma part. Si un jour, vous invitez Danièle à un safari, précisez lui bien de prendre ses lunettes de salon, mais pas celles de randonnée!!

A la station, ICARE, puis réglage de l'allumage. Légère amélioration, mais ce n'est pas encore çà. En arrivant à Limoges, la proximité des camions nous donne des ailes ou plutôt des jambes. Toujours au dessus de 50, je ne saurai pas vous dire la part de Petit Derny, mais en montant l'escalier chez mes parents, j'ai trouvé les marches plutôt dures. J'ai voulu faire une petite sieste, mais ne me suis réveillé qu'à 16H, comme on l'explique toujours lors des arrêts ICARE, Petit Derny n'avance pas tout seul.

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Mercredi 18 juillet 2007

Au moment de repartir de chez nos amis de Libourne, je trouve les 2 pneus arrières dégonflés. J'accuse aussitôt Danièle d'avoir trop mangé, ce a quoi elle réplique que nous avons roulé sur le bas coté de la RN10 pendant un moment (sécurité oblige tant les voitures sont pressées). Je regonfle avec ma pompe et nous sortons à pied car l'allée est gravillonnée. Au bord de la route on monte en selle et on regarde le pneu qui crie, à l'aide "j'ai besoin d'air".

Demi tour, je regonfle avec une autre pompe, en me demandant si je ne ferai pas mieux de démonter la roue et de réparer la chambre ici plutôt que sur le bord de la route. Mais je sais que Petit Derny est notre ami et confiants nous partons......juste que chez un marchand de cycles 1 km plus loin vérifier la pression. J'entre, au dessus du bureau, des coupures de presse sur le tour de France années 30 (déjà des articles sur le dopage!!). Dans l'atelier j'aperçois une K2 et une GPZ en cours de restauration, on engage la conversation et c'est parti pour une heure. Quant à Petit Derny, on décrète que çà devrait aller comme çà.

M. Castagna était très heureux de voir notre machine, la veille il avait dépanné une femme sur son VTC qui descendait seule de Belgique en passant par la Bretagne et l'Atlantique et repartait en passant pat le Massif Central. Respects!!

Que vous vouliez un cadre sur mesure ou vélo tout monté, vous devez aller chez "cycles Campaner", à Libourne,  M. Castagna vous renseignera avec compétence et gentillesse. Encore merci pour son accueil.

Nous partons, vent de face mais pas trop de reliefs. Nous arrivons à Ribérac, charmante petite cité. Nous mangeons en terrasse, lorsque Danièle (je rappelle qu'elle est préposée à la surveillance de la remorque - en roulant !!! -), me signale que la roue de ladite remorque est percée. Cà ne nous coupe pas l'appétit pour autant. Déjeuner et ICARE étant terminés, on attaque la roue. On répare. Mais pour vérifier, on ne va pas demander au restaurateur une bassine d'eau sur le trottoir. J'ai la solution sous les yeux : la fontaine sur la place du village. Me voilà parti, ma chambre à air à la main. Test réussi, pas de fuite. On remonte, on part chercher de l'essence. ICARE.

Nous décidons de prendre le chemin le plus court, mais vu que la Dordogne c'est bien vallonné, on évitera les petits chemins vicinaux, qui sous prétexte de faire gagner 500m sur le plat, vous font gravir une bonne cote.

Cà, c'est ce qui était prévu. Je me suis fait engueulé, parce qu'on a fait de bonnes grimpettes (au plus court), puis félicité, quand on a suivi la vallée de la Dronne, très joli. J'ai quand même cru qu'on allait arriver dans la cour d'une ferme.

Milieu d'après-midi, nous arrivons à Brantome. Là, il y a foule..... Autour de Petit Derny. Photos comme dab, ICARE en français, puis en anglais, chacun attend son tour pour les questions. Et à ce moment, apparait LA femme. La seule femme, qui en préambule de notre ICARE, me dit, "tiens je ne savais pas que Derny avait fait des tandems!".

Nous sommes étonnés qu'elle connaisse ce genre d'engin, le Derny étant marginal dans le cyclisme, sport plutot masculin, surtout à cette époque. En fait, enfant, elle habitait Chatelleraut, et lors des Bordeaux-Paris, les Derny prenaient les cyclistes à partir de cette ville. Et 2 ou 3 jours avant la compétition, elle voyait les mécanos les préparer. Nous allons boire un coup dans un café, sans quoi, on serait encore à répondre aux questions. Le petit coup a été accompagné d'une bonne glace, il est encore tôt, on repart. Encore un raccourci pentu et nous arrivons à St Pardoux La Rivière. Beau terrain de camping, nous sommes 3, on a l'embarras du choix. Comme j'ai besoin de l'électricité pour recharger les batteries, on s'installe près d'une borne et ......des trous de taupes. J'espère qu'on ne va pas avoir de la visite cette nuit!

Danièle va faire les courses, nous mangeons, et au dessert, bis répétita, le pneu arrière est plat. Je ne sais pas s'il y a un rapport! Il faut intervenir. Question, avant ou après la vaisselle. Il fait encore jour, on attaque la crevaison. Démontage ok, rustine ok, test, j'ai le choix entre la rivière (plus près) et les sanitaires (solution retenue), test ok, remontage. Ici léger problème, Danièle ne peut pas soulever le Derny, le temps que je place la roue, et ne sait pas la remettre si c'est moi qui soulève. Je pense un instant me servir de la remorque comme chandelle, puis me rabat sur la planchette que nous emportons toujours. Elle sert habituellement sous la béquille quand le sol est meuble, ou de béquille avant, quand il faut enlever la roue avant. Là, elle officiera en béquille arrière, celle d'origine étant indisponible lors du démontage de la roue.

Résultat des courses demain.
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