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Petit Derny voulait voir du pays

Il était une fois Roger et Danièle, motards de longue date. En 1998 Danièle suggère que lorsque les enfants seront grands, nous ferions le tour de la Bretagne à vélo. Gros éclats de rire de ma part car je sais que les limites cyclistes de ma femme seront atteintes bien avant de voir les feux de Saint Malo. Pas de problème, je sais ce qu’il nous faut : un Derny.

Pour lire la totalité des aventures (classées du plus récent au plus vieux) cliquez sur Liste complète dans la colonne de gauche.

Pour des questions diverses et variées, vous pouvez me contacter au 06.80.14.92.29 ou par mail : halfonce@gmail.com

Mercredi 18 juillet 2007

Au moment de repartir de chez nos amis de Libourne, je trouve les 2 pneus arrières dégonflés. J'accuse aussitôt Danièle d'avoir trop mangé, ce a quoi elle réplique que nous avons roulé sur le bas coté de la RN10 pendant un moment (sécurité oblige tant les voitures sont pressées). Je regonfle avec ma pompe et nous sortons à pied car l'allée est gravillonnée. Au bord de la route on monte en selle et on regarde le pneu qui crie, à l'aide "j'ai besoin d'air".

Demi tour, je regonfle avec une autre pompe, en me demandant si je ne ferai pas mieux de démonter la roue et de réparer la chambre ici plutôt que sur le bord de la route. Mais je sais que Petit Derny est notre ami et confiants nous partons......juste que chez un marchand de cycles 1 km plus loin vérifier la pression. J'entre, au dessus du bureau, des coupures de presse sur le tour de France années 30 (déjà des articles sur le dopage!!). Dans l'atelier j'aperçois une K2 et une GPZ en cours de restauration, on engage la conversation et c'est parti pour une heure. Quant à Petit Derny, on décrète que çà devrait aller comme çà.

M. Castagna était très heureux de voir notre machine, la veille il avait dépanné une femme sur son VTC qui descendait seule de Belgique en passant par la Bretagne et l'Atlantique et repartait en passant pat le Massif Central. Respects!!

Que vous vouliez un cadre sur mesure ou vélo tout monté, vous devez aller chez "cycles Campaner", à Libourne,  M. Castagna vous renseignera avec compétence et gentillesse. Encore merci pour son accueil.

Nous partons, vent de face mais pas trop de reliefs. Nous arrivons à Ribérac, charmante petite cité. Nous mangeons en terrasse, lorsque Danièle (je rappelle qu'elle est préposée à la surveillance de la remorque - en roulant !!! -), me signale que la roue de ladite remorque est percée. Cà ne nous coupe pas l'appétit pour autant. Déjeuner et ICARE étant terminés, on attaque la roue. On répare. Mais pour vérifier, on ne va pas demander au restaurateur une bassine d'eau sur le trottoir. J'ai la solution sous les yeux : la fontaine sur la place du village. Me voilà parti, ma chambre à air à la main. Test réussi, pas de fuite. On remonte, on part chercher de l'essence. ICARE.

Nous décidons de prendre le chemin le plus court, mais vu que la Dordogne c'est bien vallonné, on évitera les petits chemins vicinaux, qui sous prétexte de faire gagner 500m sur le plat, vous font gravir une bonne cote.

Cà, c'est ce qui était prévu. Je me suis fait engueulé, parce qu'on a fait de bonnes grimpettes (au plus court), puis félicité, quand on a suivi la vallée de la Dronne, très joli. J'ai quand même cru qu'on allait arriver dans la cour d'une ferme.

Milieu d'après-midi, nous arrivons à Brantome. Là, il y a foule..... Autour de Petit Derny. Photos comme dab, ICARE en français, puis en anglais, chacun attend son tour pour les questions. Et à ce moment, apparait LA femme. La seule femme, qui en préambule de notre ICARE, me dit, "tiens je ne savais pas que Derny avait fait des tandems!".

Nous sommes étonnés qu'elle connaisse ce genre d'engin, le Derny étant marginal dans le cyclisme, sport plutot masculin, surtout à cette époque. En fait, enfant, elle habitait Chatelleraut, et lors des Bordeaux-Paris, les Derny prenaient les cyclistes à partir de cette ville. Et 2 ou 3 jours avant la compétition, elle voyait les mécanos les préparer. Nous allons boire un coup dans un café, sans quoi, on serait encore à répondre aux questions. Le petit coup a été accompagné d'une bonne glace, il est encore tôt, on repart. Encore un raccourci pentu et nous arrivons à St Pardoux La Rivière. Beau terrain de camping, nous sommes 3, on a l'embarras du choix. Comme j'ai besoin de l'électricité pour recharger les batteries, on s'installe près d'une borne et ......des trous de taupes. J'espère qu'on ne va pas avoir de la visite cette nuit!

Danièle va faire les courses, nous mangeons, et au dessert, bis répétita, le pneu arrière est plat. Je ne sais pas s'il y a un rapport! Il faut intervenir. Question, avant ou après la vaisselle. Il fait encore jour, on attaque la crevaison. Démontage ok, rustine ok, test, j'ai le choix entre la rivière (plus près) et les sanitaires (solution retenue), test ok, remontage. Ici léger problème, Danièle ne peut pas soulever le Derny, le temps que je place la roue, et ne sait pas la remettre si c'est moi qui soulève. Je pense un instant me servir de la remorque comme chandelle, puis me rabat sur la planchette que nous emportons toujours. Elle sert habituellement sous la béquille quand le sol est meuble, ou de béquille avant, quand il faut enlever la roue avant. Là, elle officiera en béquille arrière, celle d'origine étant indisponible lors du démontage de la roue.

Résultat des courses demain.
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Mardi 17 juillet 2007

Ce matin le ciel est bien dégagé. Nous n'avons que 100 kms à faire, mais Danièle est quand même pressée de lever le camp. Donc on part. J'essaye de ne pas aller trop vite mais ce n'est pas la cadence habituelle. J'ai compté 75 coups de pédales à la minute. Soit par jour 28000 et à la fin des vacances dans les 280 000. Heureusement, dans le sens du pédalage mes genoux vont bien. Peu à peu les habitations changent, on passe de la landaise à la bordelaise, la foret laisse parfois sa place aux champs de mais et même les plaques d'immatriculation changent, c'est dingue!!

Nous continuons notre train de sénateur, mais çà me lasse. Pas évident de trouver à manger sur les petites routes que nous empruntons. Finalement nous trouvons une petite épicerie de village, et mangeons à coté. Comme nous sommes très en avance, on poursuit par une petite sieste à l'ombre des arbres. 10 minutes plus tard, arrivent les ouvriers municipaux avec la tondeuse, on reprend la route. Ah on reconnait bien la région, à ma droite vignes, à ma gauche idem, devant bonne cote, derrière bonne descente et au milieu, nous qui avons bien augmenté la cadence.

Lors des pauses ICARE, j'explique parfois que le moteur était prévu pour le Derny solo, et que sur le tandem le surplus de poids embarqué était sensé être compensé, par la force musculaire du passager. Ce qui bien sur, se révèle inexact, sauf à emmener une lanceuse de poids de l'ex URSS, ce qui n'est pas mon genre. J'en viens donc à me demander si un 2ème moteur ne serait pas une bonne solution. J'en fais part à Danièle, qui dit Niet.

De reflexions en pédalages intenses,on ne voit pas le temps passer et nous arrivons à Libourne à 3 heures. Cà nous laissera plus de temps pour la causette des retrouvailles.

Par Admin - Publié dans : derny-en-ballade
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Lundi 16 juillet 2007

Après un week end de repos, les fesses sont prêtes à reprendre du service. Moins longtemps, elles auraient été encore endolories, plus elles se seraient ramollies et auraient eu besoin d'un rodage.

Hier, j'ai fait une révision sommaire (on verra que j'ai eu tort), tension de la chaine finale, réglage des freins, règlage des vis platinées (n'ouvraient plus), nettoyage de la bougie.

Nous disons au revoir à nos amis et en route direction Libourne, pour une visite à nos anciens voisins. Comme on avait prévu un départ tardif, le trajet a été découpé en 2, donc pédalage relax. Tiens on va s'arrèter voir Pierre (notre ami de Biarritz) à son boulot à Hossegor. Bien pour s'arrèter, il faut s'arrèter car le câble d'embrayage vient de casser. Quelques démarrages en cote sans le moteur dans la circulation me laissent un souvenir cuisant dans le mollet. Cà m'apprendra à faire correctement la révision!! On arrive à rejoindre le siège social de Billabong, où je change le câble en discutant avec les collègues de Pierre. Il est 11h15, on a fait 30 kms, alors on part. Nombreuses pistes cyclables, que nous n'empruntons pas bien entendu, dans la foret. Cà sent le pin frais. Pause essence, avec ICARE (Interrogations-Commentaires-Avis-Remarques-Encouragements). Dorénavant, j'utiliserai cette abréviation plus rapide à écrire. Danièle n'étant pas fatiguée (faut quand même pas exagérer), on poursuit. Finalement pause déjeuner, avec ICARE. On repart, le temps se gâte. Ce matin je n'ai mangé aucun insecte, mais avec ce temps gris et le plafond bas, ils ont moins de visibilité, et volent près du sol et ..... j'ai ma dose.

Vélos tous styles sur les pistes, même un vélo à 3 roues, où son pilote pédale avec les mains, genre Poirier, mais avec les pédales accollées. Le twin anglais transposé au vélo. Nous échangeons des saluts.

Plus loin, comme nous passons par la route des lacs, moins encombrée par les touristes pressés, je décide de refaire une vidéo. Je dis refaire car à l'aller j'en avais fait une magnifique, mais en la visionnant, j'ai été obligé de convenir que j'avais oublié d'appuyer sur le bouton marche !!!

Quelques essais à blanc, et on y va. Tout occupé à mes prises de vues, c'est dans le viseur de l'appareil que je vois le gros camion derrière. Pas d'imprudence, on arrète.

Plus loin alors que nous roulons tranquillement à 45, je vois 2 cyclistes qui nous rattrapent. On ralentit pour qu'ils puissent prendre la roue, mais le 2ème a déclaré forfait, carbonisé en remontant sur nous, du coup son ami nous fait signe de partir. Dommage, il y avait de l'ICARE dans l'air!!

Nous avions prévu de s'arrèter à Parentis, la pluie en décide autrement. Gastes, tout le monde descend, une nuit d'arrêt. Nous sommes dans un camping de bungalows et plantons notre tente entre 2.

Petit Derny a maintenant 2838 kms au compteur.

Nous allons nous promener à pied, le long du lac. On regarde ce qu'il y a comme plats à emporter. Le poulet roti sera parfait, on part acheter des chips et on revient commander. Mauvaise pioche il n'y a plus de poulet!! Ce sera salade composée. Mais quand une heure plus tard Danièle va les chercher elle revient avec des cuisses de poulet/frites. Problème pour demain, le stockage du paquet de chips sans passer par le stade "broyage".
Par Admin - Publié dans : derny-en-ballade
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Vendredi 13 juillet 2007
Là nous sommes en plein dans les landes, donc on ne devrait plus voir l'ombre d'un relief. De fait c'est une étape roulante.

La DDE essaie de nous imposer une déviation pour travaux, nous passons outre. On met pied à terre, meme chose pour le cycliste derrière nous. Petite causette habituelle. On en profite pour mettre de l'essence. J'en suis à faire mon dosage d'huile, quand arrive une voiture à la pompe à coté. Je jette un oeil et meme les 2 sur le décolleté très plongeant de la conductrice, j'hésite entre D et E, et du coup mon doseur m'échappe des mains. Regard noir de Danièle qui me dit de m'occuper de mes affaires.

Pas de problème en route donc je vais en profiter pour vous présenter nos 3 positions préférées:

1: la classique et la plus usitée. Tous les 2 allongés, la tete baissée, et on y va à fond, résultat on pédale à un peu plus de 50 à l'heure. Avec les multiples pauses pipi de madame, la moyenne baisse un peu. A l'inverse de la température qui elle, va croissant.

2: variante quand les fesses deviennent douloureuses. On se cramponne au guidon, on recule aux maxi les fesses, soit pour Danièle le derrière sur les bagages et moi sur son guidon. La on ne pédale plus, mais on est en appui total sur les poignets. Cà va sur 2 kms et après trop mal aux mains. On passe à:

3: là on va essayer de reposer les mains. On prend la position dite du facteur. Assis le plus droit possible ( pas trop sinon les genous de Danièle tapent dans mon sac à dos), on touche le guidon du bout des doigts ( ne jamais le lacher ), et on pédale relaché. Pas longtemps, car le mal au fesse revient.

Alors on reprend la position n°1 qui fait mal uniformément aux jambes, fesses, dos et mains.

Vers Dax on arrive sur une nationale, il va falloir assurer. Mais avant ravitaillement. L'épicerie n'a pas de quoi nous satisfaire on se rabat sur la boulangerie. Petite sieste pour moi, pendant que Danièle prend en photo la station service désafectée transformée en salon de coiffure.

Plus que 50kms, mais la circulation est telle qu'on ne traine pas. On multiplie les arrets boisson-discussion ( dont un avec un ancien qui a couru à la Cipale ). Panneau Biarritz, c'est à ce moment que le gps déclare forfait. Arret boisson-information qui se transforme en boisson-discussion. Quelques rues plus loin, nous sommes arrivés chez nos amis qui à la vue de nos tenues devinent que nous ne sommes pas venus en BMW. Joyeuses retrouvailles, présentation des "parisiens venus à vélo".

Après 780 kms Petit Derny rentre au garage, à l'ombre pour le week end. Il reprendra du service lundi matin après vérifications et surtout réglage des freins, qui m'ont fait plusieurs frayeurs sur les ronds-points. Apparement les voitures vendues par ici ne sont pas équipées de clignotants!!

Repos pour les pédaleurs jusqu'à lundi.

Par Admin - Publié dans : derny-en-ballade
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Jeudi 12 juillet 2007
Petit retour sur la soirée d'hier. Nous sommes arrivés tard, super camping 4*, super restau. On sort, on admire le ciel sans nuage, annonciateur d'une bonne journée. 23h Danièle va se coucher, moi j'installe une rallonge électrique dans les sanitaires pour recharger le pocket PC et rédiger le compte rendu qui est dodu. Je rédige, je rédige, il est minuit  et demi lorsque je vois débouler une furie à la coiffure ébouriffée qui arpente le camping avec sa lampe de poche. Je reste calme ce n'est que Danièle qui s'est réveillée en sursaut, et ne me trouvant pas à coté d'elle s'est rhabillée et me cherche dans le camping. Rassurée elle repart se coucher, je finis mon article et vais la rejoindre. J'ai la joie de me coucher sur mon couteau suisse que Danièle a glissé dans le sac de couchage. Quelle farceuse.

Jeudi 7h30. On se lève, il pleut. On évalue la cote à 3 pains au chocolat pour moi et 2 pour Danièle. Bon dosage car la grimpette s'est bien passée. Hier en préparant l'itinéraire on a vu qu'on passait près de Saint Aulaye ( prononcer "au l'ail" comme les cotes de Blaye). Les filles de nos voisins y sont en vacances mais partent à midi. On va mettre le turbo pour arriver avant leur départ. 11h30, on arrive, je sors mon téléphone pour appeler Cindy quand je la vois dans la voiture qui nous croise. Je fais des grands signes, elle répond sans comprendre tout de suite ce que fait son voisin ici. Arret minute, elle m'explique où est la maison de ses grands parents, et repart pour ne pas rater le train. Nous arrivons pour nous rafraichir le gosier, mais finalement on se laisse tenter par le repas.

Le soleil est bien installé et on descend dans le bordelais.

Pour la 2ème fois depuis notre départ, route barrée, travaux. Comme on est jamais chauds pour un détour, on passe. Ah la joie de slalommer entre les trous avec un vtt de 4m et 230 kgs et de passer à coté du rouleau compresseur en marche. Les 2 pilotes maitrisaient donc pas de soucis.

Petites routes viroleuses ( ils ont planté les vignes, fait du vin, puis tracé les routes! ) parfait pour un 2 roues. Je me méfie quand meme de l'état de la route qui passe sans prévenir ===de billard ( où on frole le 60 en descente sans le moteur ) à tole ondulée . Une bonne vingtaine de kms avant St Emillion la dégustation commence. Mais nous c'est nos cuisses qui dégustent. Finalement on traverse le village de St Emillion à pied, çà détend. On voudrait arriver à St Séphorien ce soir, alors c'est reparti de plus belle. Oubliées les bonnes résolutions du début, ménager sa monture etc. On pédale au taquet. A un moment plus d'essence je passe la réserve. 10 minutes plus tard arrive un village, donc je pense refaire le plein quand Danièle me demande de s'arreter pour faire le plein, mais SON plein. Pour éviter tout incident diplomatique, priorité Danièle. Et là surprise et peut etre fait unique en France, ya pas de troquet!!!! On fait 2 fois le tour de l'église, la mairie, divers commerces, mais pas de troquet. On se rabat sur la boulangerie où on prend 3 tartes au fraises, des chocolats maison, 1,5 litres de boisson et l'irremplaçable tablette de chocolat. Cette légère collation avalée, on attaque les Landes. Ah çà s'annonce comme le repos du guerrier. C'est plat, on trace.

Résultat 190 kms aujourd'hui. Biarritz n'est qu'à 170 kms, sauf soucis, on y sera demain soir. J'appelle nos amis, leur dit qu'on part demain ( c'est vrai ). Ils me demandent avec quelle moto on vient, je dis avec la bmw. Je leur expliquerai qu'elle n'a pas voulu démarrer, alors on a pris notre vaillant petit derny en remplacement.

Dernière minute. J'ai quand même un bon échauffement à l'arrière train, je cherche dans la trousse de toilette, Danièle n'a que de la crème "cicatrisante et apaisante  pour visage", et bien je vais faire avec. J'espère juste que çà ne va pas cicatriser de trop... Je serai quand même bien embêté si ça refermait tout !

Par Admin - Publié dans : derny-en-ballade
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