Roger se prend pour le capitaine Haddock

Publié le par Admin

En effet j'ai passé une mauvaise nuit. Oh le camping était très calme. Nous n'étions que 2 tentes. L'autre tente était occupée par 2 jeunes qui faisaient un stage post bts spécialité nature et environement. L'un des 2 avait d45, 125 peugeot , plus différents cyclos, comme dit le proverbe la valeur n'attend pas le nombre des années. Donc, vous l'aviez compris, on a bien discuté le soir. Pour en revenir à notre capitaine Haddock, dans "Coke en stock" il passe une sale nuit  parce que Allan lui a demandé s'il dormait avec la barbe sur ou sous le drap. C'est ce qu'il m'est arrivé : à cause de mes jambes que je ne pouvais pas tendre complètement, je me suis réveillé plusieurs fois pour observer comment elles étaient pendant mon sommeil, et bien quand je suis sur un coté, elles sont pliées, sur le dos 1 droite et l'autre pliée et sur le ventre idem mais je ne sais pas si ce sont les memes. M'enfin, tout çà m'a réveillé plusieurs fois. Du coup ce matin Danièle est partie chercher les croissants et je dormais encore. Route sans problème, je pensais qu'avec l'age Petit Derny avait appris la propreté, mais il commence à s'oublier malgré les joints neufs et la pate. Çà commence à etre bien vallonné, une biche traverse, Danièle ne la pas confondue avec un lapin!

Nous nous arrêtons pour l'essence, Danièle part acheter quelques victuailles, pendant ce temps, j'essaie de remettre en place mes implants mammaires en silicone qui ont glissé. Je rigole, ce ne sont pas les mammaires! En fait depuis hier, j'ai mal à la paume droite qui est toujours en appui sur une petite surface, les doigts étant toujours en l'air à jongler avec les manettes. Et bien un des inserts en gel silicone des gants s'est planqué dans un coin et la paume appuyait direct sur la poignée. Mission accomplie, Danièle revient, l'inévitable papy aussi, on discute puis on reprend la route.

Petite route étroite, mais revetement très bosselé. Au bout d'un moment, je crois entendre Danièle qui marmone quelque chose, je fais répéter et ne comprends toujours rien donc je m'arrete. Elle me dit, je crois que la remorque fait un bruit bizarre. Je lui dit va voir et elle va à l'arrière du convoi.

A partir de là, pour vous faire une idée précise de la scène, il faut que vous souveniez du "Corniaud" de Gérard Oury, quand De Funès pulvérise la 2cv de Bourvil. Parce que quand Danièle revient avec à la main la roue et un morceau de la remorque, je ne peux que lui dire "ah ben c'est sur, elle va marcher beaucoup moins bien maintenant!".

En premier, on rigole, en 2 on met la béquille et en 3 on fait les photos!!

Si vous etes un consommateur de 2007, vous avez le bon reflexe de sortir votre portable et votre carte d'assistance et l'affaire est réglée. Mais j'ai passé mon enfance à aller à la bibliotèque lire les "système D" et çà laisse des séquelles!

Je regarde l'étendue des dégats, bon çà a cassé là où je pensais qu'il y avait un point faible. Mais quand je vois qu'il manque un tiers de l'épaisseur du tube inférieur, je demande à Danièle depuis combien de temps elle a entendu le bruit. "Ben depuis qu'on a traversé la nationale", soit un bon kilomètre, à tirer la remorque sur son chassis. Les tendeurs étaient accrochés à l'arrière, c'est pourquoi le morceau arriere et la roue suivaient sinon ils seraient restés sur la route.

Il faut que je précise qu'avant de partir, j'ai installé un rétroviseur sur le guidon de Danièle et sa mission était de surveiller la remorque. Pour elle tout allait bien la roue était là, plus reliée à la remorque certes, mais toujours là.


Ma 1ère idée de réparation est d'aller observer le poteau indicateur de lieudit pour voir s'il pourrait servir de renfort, j'ai déjà vu du fil de fer dans le champ, mais gardons cette solution en dernier recours.

On mange ou on répare? Justement à cette heure les agriculteurs sont revenus des champs donc on tente de trouver une solution réparation.

Je vais aller à la ferme indiquée par le panneau, je pars à pied, revient chercher le derny, ce sera plus rapide, quand je vois arriver la postière. Toujours etre ami et poli avec la postière. Je lui demande la ferme la plus proche, j'ai bien fait celle où je voulais aller est abandonnée. Je prends le Derny, vais à l'autre ferme pendant que Danièle reste avec les morceaux de remorque sur le bord de la route. De toute façon il ne passe personne. Je sonne à la première maison, j'explique mon cas. Parfait, ils ont un poste de soudure, quant à trouver un bout de ferraille, dans une ferme, il y a toujours çà. Je retourne chercher ma moitié et celle du Derny.

On mange, quand meme, puis il faut retourner à la ferme avec les morceaux. Essayez juste de vous imaginer le tableau en attendant les photos. Je mets le gros sac à dos sur Danièle, plus un casque accroché de chaque coté, avec son grand kway et sa roue à la main,  elle a tout l'air d'un zouave! Bon c'est pas le tout de se moquer et la remorque? Pas de problème, on va la charger à l'envers par dessus les bagages sur le derny et on va pousser tout çà jusqu'à la ferme. Ainsi fut dit, ainsi fut fait, voilà notre Tartarin et son zouave poussant leur incroyable empilement en rigolant comme des bossus. Finalement, on trouve un bon gros bout de cornière bien rouillé, je bricole 2 renforts, bousille un disque et pas mal de baguettes, mais bon an mal an au bout de 3 heures on est pret à repartir. La moyenne en a pris un bon coup, donc hardi les mollets. Je prends au plus court, mauvaise pioche successions de cotes. Je me trompe arrive en face d'une pente raide, l'évite, prend la route de droite, moins pentue et on arrive... à la maison de retraite! ( et c'est une voie sans issue, les personnes qui viennent là devraient se méfier ). Nous trouvons qu'on est un peu en avance pour çà, on repart mais il faut se taper la grande cote. On sait ce qu'il nous reste à faire! Pousser. Là encore un apparté sur les techniques de poussage, qui s'annonce laborieux parce que le soleil est arrivé. Moi je pousse en marchant d'un coté, Danièle pousse en courant de l'autre, mais nous poussons bien le meme vélo. Problème de math. On rigole, on a chaud.

Les cotes suivent les cotes, mes lunettes me serrent toujours les narines, je respire plus comme une grosse carpe qu'un petit poisson rouge et finalement je les enlève parce que j'en ai marre d'avoir des insectes dans le bec à rouler la bouche ouverte. Nous sommes de plus en plus poussifs, on monte péniblement en 1ère. Au bout d'un moment je m'arrete car les yeux me piquent de trop et j'assiste à l'exécution de la tablette de chocolat. Je rassure les lecteurs émotifs, elle n'a pas vu sa mort venir. Danièle l'a déballée d'une main, cassée de l'autre et engloutie dans la foulée. C'était pas une fringale mais pas loin.

On repart et 2 surprises: d'une part je  vois dans mon rétro la route au lieu du kway de Mlle Jeanne et j'ai l'impressiin d'avoir pris en stop Speedy Gonzalès!! Diable, les cotes sont avalées aussi vite que la tablette de chocolat. Super coup de boost. On arrive au camping. Oh, je vois toutes les caravanes immatriculées au meme endroit, des fourgons en train de se faire laver, ce sont des gens du voyage. On a déjà eu des déboires avec certains, on part à l'autre camping, loin, beaucoup plus loin. Pour y accéder çà descend sur 2.5 kms, çà promet pour demain. On arrive à 19h, 170kms parcourus, pas trop mal.

Publié dans derny-en-ballade

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